le 20/08/10
Monsieur le Directeur
ARS Picardie
52 rue Daire
80000 AMIENS
Monsieur le Directeur
Dans le cadre du plan national de lutte contre les maltraitances faites aux personnes vulnérables, âgées et/ou handicapées mis en œuvre en 2008, notre association a été officiellement chargée du traitement et du suivi des signalements émis en Seine Maritime et enregistrés par le n° national 3977. A ce titre, nous avons bénéficié des subventions gérées par la DGAS, et d’une aide conséquente du Conseil Général de Seine Maritime
Par convention, et en raison de l’absence de centre d’écoute équivalent dans les départements de la Somme et de l’Oise, ALMA 76 a traité les signalements en provenance de ces deux départements.
En ma qualité de président de l’association ALMA 76 et de secrétaire de la fédération ALMA France , il ma paraît nécessaire aujourd’hui de porter à votre connaissance le bilan des différentes actions que nous avons menées. Ce bilan portera sur les signalements de maltraitance enregistrés, et sur les négociations que nous avons menées durant ces deux dernières années avec les collectivités territoriales des deux départements.
1/ le bilan des maltraitances est celui présenté lors de l’assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue en Juin au CG 76. (cf document joint)
Les chiffres dépassent malheureusement les prévisions (le ministère avait tablé lors de la mise en œuvre du dispositif sur 16 000 appels/ans enregistrés par le 3977, alors que le bilan présenté par le gestionnaire du 3977 révèle le chiffre de 60 000 appels/ans). De plus, les bilans présentés par la fédération ALMA France font apparaître que le 3977 n’enregistre que 50 % des appels, l’autre moitié étant enregistrée par les n° à 10 chiffres des centres départementaux d’écoute ALMA.
Par ailleurs, l’analyse qualitative partielle qui est présentée dans le document joint résulte du travail réalisé sur le logiciel informatique adopté lors de la signature de la convention qui permet de transmettre par le biais d’une clé USB les informations recueillies du 3977 vers les centres dans des strictes conditions de sécurité, et fournira à terme un bilan qualitatif des maltraitances observées tant à domicile qu’en institution (de récents engagements de l’état vont permettre de tendre vers l’exhaustivité). D’ores et déjà, dans son bilan 2009, ALMA France fournit un tableau détaillé de la situation sur le territoire national. C’est sur cette base que sera présenté conjointement, sous l’égide de la DGSC, le 17 Septembre à Paris le bilan des actions menées par les deux associations.
2/ Depuis la mise en œuvre du dispositif, ALMA 76 devenant pratiquement tête de réseau, s’est trouvé confronté à une charge très lourde, et a multiplié les actions pour susciter la création d’un centre d’écoute dans les deux départements non pourvus. Le dispositif national a en effet mis en place des coordinateurs nationaux chargé notamment du développement du réseau. C’est dans ce cadre qu’Annia Feret, coordinatrice nationale ALMA France, a organisé de nombreuses rencontres auxquelles j’ai prêté mon concours, ainsi que quelques bénévoles. Outre des sessions de sensibilisation organisées à Amiens, à St Valéry sur Somme, et prochainement à Poix de Picardie, nous avons pu échanger à Beauvais avec Madame Bourrhis de la DDASS et à Amiens avec Madame Poullain du CG 80, ainsi qu’avec les responsables médicaux des pôles gériatriques des hôpitaux de Beauvais et d’Amiens. Des séances ont même été tenues en retour dans notre centre départemental pour des échanges de pratique.
Dans l’Oise, le processus a été enclenché, puisque une convention a été signée par Monsieur Moulias, président d’ALMA France, et Monsieur Defournier, directeur de l’ACSSO à Nogent sur Oise, et que des bénévoles ont été formées. Mais concrètement, à ce jour, la clé USB recueillant les signalements de l’Oise est toujours en notre possession car le dispositif départemental n’est pas opérationnel.
Dans la Somme, le dernier contact avec Madame Poullain a eu lieu en Juin, faisant état de la difficulté à créer une antenne ALMA. De même, la clé USB recueillant les signalements de la Somme est toujours en notre possession.
Le traitement et le suivi des signalements a été fait conformément à la charte éthique d’ALMA France, et à chaque fois qu’il a été nécessaire, les dossiers, avec l’accord des victimes ou des appelants, ont été transmis aux autorités compétentes. Des départements concernés. Il s’agissait de dossiers « lourds » mettant gravement en jeu la dignité, voire la vie des victimes. Fort heureusement, de nombreux dossiers peuvent trouver une solution par des offres de recours ou la réactivation des réseaux institutionnels, mais toujours au prix d’un temps de traitement estimé en moyenne à 120 minutes par dossier. A noter que durant cette dernière période estivale, en dépit des difficultés de recrutement des bénévoles, la vigie établie par le réseau ALMA France a du traiter quelques dossiers picards difficiles.
Comme je l’avais fait en début d’année 2010 par des courriers adressés à Messieurs les Directeurs de DDASS et Présidents du Conseil Général des départements de la Somme et de l’Oise, restés sans réponse, je me tiens, en accord avec Monsieur Moulias, président d’ALMA France, à votre disposition pour mettre en œuvre, dans un souci de complémentarité bien compris avec les autorités compétentes, les actions permettant de s’inscrire dans le plan national de lutte contre les maltraitances.
A titre d’information, avec l’appui des réflexions menées avec la fédération ALMA France, ALMA 76 peux mettre à votre disposition un projet de révision du processus associatif, tel qu’il a été présenté lors de l’assemblée générale extraordinaire du 7 Juin 2010 aux autorités du département de Seine Maritime, en présence notamment de représentants de l’Agence Régionale de Santé de Haute Normandie. Ce projet vise essentiellement :
- une mise en réseau effective des forces vives
- une politique de prévention efficace
- une intégration de l’importante base de données constituée dans un observatoire départemental ou régional des violences
Un tel projet comporte des contraintes : le porteur de projet doit s’appuyer sur un réseau de bénévoles, dont le recrutement reste difficile, et sur la présence incontournable d’un poste pérenne de coordination visant à la cohérence du dispositif .
Il semble que seul l’engagement collectif pourra mettre un terme à un phénomène dont l’ampleur et la gravité n’échappent plus à personne, notamment pas aux victimes dont la prise de parole a été libérée par les offres d’écoute, ni aux médias qui relaient à juste titre des situations parfois dramatiques.
Je vous adresse ce courrier qui témoigne de ma conviction pour que certaines pratiques familiales et professionnelles avec les personnes vulnérables retrouvent les valeurs fondamentales.
Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l’assurance de ma respectueuse considération.
Dr Pierre Delaunay
Président ALMA 76
Secrétaire ALMA France
samedi 11 septembre 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire