Le Projet associatif de l’association ALMA 76
Le projet associatif est à la fois un processus, dans la mesure où il est le reflet d’une dynamique en cours, et une expression formalisée de ce processus. Cela veut dire qu’il ne se limite pas à un document conventionnel :
- reflet d’une dynamique et processus de mise en œuvre des orientations, il prend appui sur une démarche participative, qui implique les acteurs et donne naissance à des plans d’actions renouvelés, innovants, pour répondre au double défi : celui de la qualité et celui des conditions de l’action développée (comment mieux travailler ensemble)
- expression écrite, le projet constitue l’engagement à partir duquel il est possible de conventionner et d’inscrire l’action dans un temps qui est projeté et comme document évolutif, il est possible de l’actualiser, annuellement ou plus en profondeur tous les 3 ou 5 ans.
1. Les valeurs qui fondent l’action
Les valeurs fondent le projet : elles sont « ce qui vaut » ; un projet sans valeurs partagées ne serait qu’un plan d’actions.
Quelles sont les valeurs qui fondent l’action des personnes impliquées dans les différentes fonctions au sein de l’association.
1. le respect de chaque personne, de sa vie privée, de sa dignité, empreinte d’humanité ;
2. les valeurs qui ont trait à l’éthique d’ALMA : la confidentialité, la qualité d’écoute, la tolérance, l’impartialité (non jugement), et la solidarité. Dans la mesure où il y a double écoute, cela permet la confrontation, le partage, l’échange et l’esprit d’équipe.
3. le bénévolat, comme engagement volontaire, qui suppose de la disponibilité, dans une action désintéressée, avec une visée de démocratie participative, dans la mesure où l’association entend faire participer les personnes à la résolution des problèmes;
Un principe de l’action, celui de la subsidiarité, qui consiste à respecter le rôle de chaque acteur dans le lieu de vie qui est le sien ;
2. Les objectifs d’ALMA 76
Les objectifs généraux correspondent au travail central de l’association, à ce sur quoi elle entend appliquer son énergie et son organisation ; ces objectifs lui sont propres au regard de son objet tel qu’il apparaît dans les statuts . Les objectifs permettent de préciser comment l’objet de l’association va se décliner.
F Etre un réseau d’écoute anonyme qui permet aux appelants l’expression d’une maltraitance, supposée ou avérée.
F Prendre en compte les situations au sein du réseau pluridisciplinaire et permettre à l’appelant d’être acteur dans la résolution de la situation, comprendre pourquoi il y a maltraitance.
F Œuvrer à la prise de conscience de la réalité de la maltraitance, en informant le public, les professionnels et les aidants, notamment sur les missions d’ALMA, afin de prévenir la survenue de la maltraitance.
F Etre un observatoire des phénomènes de maltraitance pour en mesurer l’importance, faire évoluer les comportements et les pratiques professionnelles et familiales, et en permettre une meilleure compréhension.
Par rapport à ces objectifs et ces actions, nous avons analysé les réussites de l’association et les insuffisances ou points de progrès.
3. Le contexte de l’association ALMA 76.
Créée en 2003, l’association ALMA 76 s’est structurée comme centre d’écoute avec les différentes fonctions nécessaires: écoutants, référents, Comité Technique de Pilotage (C.T.P.)… sous la responsabilité du Conseil d’Administration. Elle adhère à la Fédération nationale ALMA France qui fédère 54 associations œuvrant sur 61 départements. En Seine Maritime, est apparue rapidement la nécessité de mettre en place une fonction de coordination, assurée par un emploi tremplin pendant 3 ans, puis par un CAE renouvelable
Ce fonctionnement est très dépendant de la façon dont chacun assume sa mission, mais aussi de la perception que les uns et les autres ont des missions d’ALMA, des principes qui guident son action contre la maltraitance et de la méthodologie qui lui est propre. C’est pourquoi, il est utile de rappeler le mode de fonctionnement du centre d’écoute, et aussi quelques interrogations formulées au début de la démarche, concernant les différentes parties prenantes du projet.
Des acteurs qui se coordonnent.
• Les appelants sont les bénéficiaires de l’action de l’association. Ce peuvent être des personnes directement victimes de maltraitance, des familles ou proches de ces victimes (voisins par exemple), mais aussi des professionnels qui, à domicile ou au sein d’établissements, sont témoins de faits de maltraitance. Mais, c’est une des questions posées par un responsable : « savent-ils ce qu’ils sont en droit d’attendre ? » Ce qui suppose une bonne information sur les missions d’ALMA. Le plus souvent, n’attendent- ils pas qu’ALMA résolve le problème ?...
Seine Maritime Nb
2004 75
2005 67
2006 72
2007 45
2008 134
2009 153
Evolution du nombre de situations de maltraitances traitées au cours des années 2004/2009 sur la Seine Maritime
2009 3977 ALMA 76 Total PA PH Domicile Institution
Rouen 69 43 112 101 11 75 31
Le Havre 41
Total 153
Nb de situations traitées en 2009 en Seine Maritime
Nb de situations traitées dans les départements voisins couverts (Oise et Somme)
2010 Nb dossiers PA PH Dom Inst
Seine Maritime 41 34 7 29 12
Oise 17 12 5 11 6
Somme 14 7 7 12 2
Total 72
Chiffres du 1 er trimestre 2010
* Les écoutants sont les premiers interlocuteurs, à l’écoute de la personne (accueil téléphonique); ils « débroussaillent » les propos de manière à faire préciser la demande que l’appelant formule auprès d’ALMA. Ils effectuent une synthèse écrite de la situation, assurent la saisie informatique du dossier. Si l’écoutant transmet à partir de son ressenti, l’écoute, toujours effectuée par 2 personnes ensemble, permet d’objectiver et de confronter leur perception. Le besoin fortement ressenti par les écoutants est celui de « se sentir en équipe, alors qu’ils se succèdent dans le local de l’association… »
Ils sont au nombre de 7. Les permanences d’écoute sont assurées par un binôme 2 _ journées par semaine par semaine. Parfois, plusieurs binômes sont nécessaires
* Les référents « traitent » le dossier, à partir des informations recueillies par l’écoutant, mais ils peuvent aussi vérifier les informations recueillies (en interrogeant d’autres professionnels). Pour ce faire, le référent peut répondre à l’appelant ou demander des précisions. Le référent conseille, soutient l’appelant, fournit des pistes pour agir, « suit et accompagne jusqu’au bout de l’action ».
ALMA 76 compte aujourd’hui 7 référents, ils émanent le plus souvent de différentes Institutions.
* le Comité Technique de Pilotage comprend les institutions et les réseaux. Les rencontres ont été trop rares, en dépit de nombreuses sollicitations. Lors de ces rencontres, des situations pourraient être présentées, traitées, permettant de compléter les actions entreprises, grâce à l’éclairage apporté par les institutions partenaires. Il semble que les compétences professionnelles des membres pourraient être mieux exploitées...
* les principaux financeurs – DDASS, et maintenant ARS et Conseil Général – sont membres de droit (à titre consultatif au Conseil d’Administration) de l’association et participent au Comité Technique de Pilotage.
Des adaptations nécessaires.
Les difficultés rencontrées et formulées, après 5 ans de fonctionnement, sont inévitables dans un domaine aussi sensible et complexe. Elles s’inscrivent dans un contexte général qui a connu des changements importants: « l’association a grossi, connu des changements, que sont la mise en place du 3977, l’ouverture du service aux personnes handicapées, le positionnement par rapport à ALMA France. Du statut d’antenne de l’association nationale, nous sommes passés à un statut de membre d’une fédération nationale. »
Ces changements questionnent sur la nature même de la mission d’ALMA. Est-elle toujours la même ?
4. Une démarche participative, qui implique.
La démarche des acteurs de l’association a d’abord permis une réflexion individuelle sur sa pratique, puis la réflexion collective, la confrontation des approches a permis d’identifier des forces et des faiblesses de l’association, qui sont autant de moyens d’aller vers un fonctionnement plus efficace et d’atteindre peu à peu les objectifs voulus par les initiateurs du centre d’écoute. Ces atouts et des points de progrès ont été reclassés par rapport aux grands objectifs de l’association.
Des forces et faiblesses identifiées collectivement au regard des objectifs
1. Etre un réseau d’écoute anonyme qui permet aux appelants l’expression d’une maltraitance, supposée ou avérée
- l’évolution positive du nombre d’appels est notoire, et la satisfaction des appelants aux retours (remerciements…) que nous avons de leur part ;
- la vie associative d’ALMA présente des signes de faiblesses : manque de bénévoles écoutants et référents ;
- la question d’ALMA/AFBAH a amené un changement de fonctionnement (les écoutants ne font plus la 1ère écoute du 3977, de ce fait le contenu est différent lorsqu’il s’agit du rappel).Ces relations tendent à se normaliser.
- le financement de l’action d’ALMA n’est pas pérenne ;
2. Prendre en compte les situations au sein du réseau pluridisciplinaire et permettre à l’appelant d’être acteur dans la résolution de la situation
- le travail en équipe est réel et il peut prendre appui sur un réseau existant et fidèle ; chaque personne y trouve sa place, mais sans hiérarchie ;
- au niveau du suivi des dossiers, des difficultés techniques sont constatées, l’irrégularité des liens avec le CTP et l’appel aux partenaires est insuffisant… Est observée également une très grande difficulté dans le suivi des dossiers.
- l’information sur le suivi des dossiers par les référents doitt être développée, en direction des écoutants ;
3. Oeuvrer à la prise de conscience de la réalité de la maltraitance, en informant le public, les professionnels et les aidants
- la reconnaissance de l’association ALMA est réelle et repose sur la communication et sur une bonne sensibilisation ; celle-ci se mesure aux actions de formation et d’information, à la communication, à des temps forts (, conférences…) et à la participation de nos représentants à différentes instances
- l’image de la maltraitance a évolué, y compris en intrafamilial
- malgré ces constats très positifs, la communication externe est à développer, d’autant plus que les écoutants reçoivent toujours des appels qui ne relèvent pas réellement de la maltraitance.
4. Etre un observatoire des phénomènes de maltraitance pour en mesurer l’importance, faire évoluer les comportements et les pratiques et en permettre une meilleure compréhension
Pour l’instant notre observation se limite aux situations connues d’ALMA
5. La stratégie.
Se rappeler les objectifs et se mettre d’accord sur leur formulation au sein d’un collectif n’est pas toujours évident. Pour le centre d’écoute, ils sont calqués à la fois sur la réflexion du réseau national, mais aussi sur l’expérience capitalisée au cours des dernières années. Il est souhaité de de définir des objectifs opérationnels pour 3 ans, c'est-à-dire d’inscrire l’action dans la durée, en allant dans le concret pour pouvoir ensuite évaluer.
5.1. Des objectifs généraux aux objectifs opérationnels
Objectifs généraux Objectifs opérationnels pour trois ans
1. Etre un réseau d’écoute anonyme qui permet aux appelants l’expression d’une maltraitance, supposée ou avérée.
1. Elaborer une charte du bénévolat pour tous les acteurs d’ALMA 76, se repositionner dans l’appartenance au réseau ALMA
2. Recruter 4 référents, domaine médical, infirmier, juridique, mais aussi 4 écoutants, dont l’effectif est juste suffisant et définir qui fait quoi en référence aux fiches de mission
3. Mettre en œuvre une formation permanente locale : au moins un séminaire annuel, et aussi un plan de formation local, pour toutes les personnes impliquées dans ALMA
4. Créer une instance régionale de concertation, (qui aille au-delà de la concertation instaurée jusqu’à présent), et de coordination entre les associations de la Région, qui soit aussi l’’interface avec l’ARS.
5. Dans le cadre d’un plan d’action régional avec l’ARS., négocier des contrats d’objectifs et de moyens avec le CG et l’Etat/ARS : dans ce cadre, devenir observatoire pluriel permettrait de disposer de moyens accrus.
2. Prendre en compte les situations au sein du réseau pluridisciplinaire et permettre à l’appelant d’être acteur dans la résolution de la situation.
6. Promouvoir grâce à l’outil informatique, une organisation efficace de suivi des dossiers qui soit partagée par tous, écoutants, référents, coordinatrice, et préciser l’articulation entre les différents acteurs.
7. Garantir l’éthique d’ALMA, et notamment lors des appels, rappeler de façon systématique les principes et l’éthique d’ALMA : (ne fait ni à la place de l’appelant, ni des services compétents, mais l’antenne d’écoute anonyme met en lien l’un avec les autres.)
8. Mieux utiliser les ressources du Comité Technique de Pilotage. (Organiser concrètement un CTP uniquement d’interconnaissance avec les référents.)
9. Diversifier les compétences disponibles au sein du CTP.
10. Envisager un emploi au niveau régional pour soutenir la fonction de coordinateur départemental et harmoniser la façon de traiter les dossiers
3. Œuvrer à la prise de conscience de la réalité de la maltraitance, en informant le public, les professionnels et les aidants.
11. Renforcer la communication interne : une fois par an à destination des adhérents et partenaires institutionnels :
_ Réaliser une publication annuelle.
_ Développer du liant entre tous les acteurs.
_ Proposer une journée d’étude annuelle entre les différents acteurs d’ALMA.
12. Renforcer la communication externe avec les différents supports : papiers, presse, télé/ radio. Cibler les publics :
Grand public :
_ créer un événement annuel qui soit relayé par les medias pour apporter de l’information au grand public.
_ réactualiser et rediffuser les tracts et plaquettes.
Public cible : personnes vulnérables et aidants naturels
_ faire connaître le numéro d’appel 0 820 820 911 en même temps que le 3977.
_ Réaliser des affiches et tracts.
_ Etre présent dans des médias locaux : revue du Conseil Général,. Ou des grandes institutions, PQR
Professionnels et bénévoles impliqués :
_ Faire qu’ALMA apparaisse comme la ressource en terme d’information et de formation, auprès des professionnels et bénévoles relais.
_ Etre source de proposition envers les associations de professionnels, les écoles de formation, les lycées : tous les ans, faire des propositions de modules.
_ Réactualiser les tracts et affiches à destination des professionnels. (5 octobre 2010)
4. Etre un observatoire des phénomènes de maltraitance pour en mesurer l’importance, faire évoluer les comportements et les pratiques et en permettre une meilleure compréhension.
13. Repérer et répertorier les expériences et démarches de bientraitance mises en œuvre dans le département : domicile, établissement et les diffuser.
Mettre en évidence l’importance du réseau, les établissements ou services qui ont mis en œuvre, valoriser ces initiatives de manière à générer un autre état d’esprit
14. Travailler avec nos partenaires pour capitaliser et communiquer les différents éléments d’observation des phénomènes de maltraitance (résultats qualitatifs et quantitatifs).
vendredi 6 août 2010
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