dimanche 22 mars 2009

ALMA 76
BP 10126
76303 SOTTEVILLE lès ROUEN Cedex
ass_alma76@yahoo.fr
http://perso.orange.fr/sgn/alma76.htm Maison du patient

23/03/09
Monsieur Gérard DUCABLE
Conseiller régional
25, boulevard Gambetta
76000 ROUEN

Monsieur le Conseiller régional et cher ami


Sous l’impulsion du Professeur Robert HUGONOT qui à révélé le phénomène dans les années 90, puis suivant les instructions des autorités ministérielles et des collectivités territoriales, les associations ALMA de la Seine Maritime et de l’Eure ont depuis 5 ans contribué à lever les tabous, et permis aux victimes d’exprimer les différentes formes de maltraitances qu’elles subissaient, tant à domicile qu’en institution.
Les chiffres, (environ 100 signalements par an pour la région) donnent certes des indications. Mais les tendances lourdes que l’on peut extraire des dossiers sont plus riches d’enseignement :
• les maltraitances sont plus nombreuses à domicile qu’en institution, dans un rapport de 2 sur 3.
• les maltraitances financières sont les plus fréquentes
• la terreur et la peur des représailles sont dominantes, au point qu’elles limitent les recours légaux possibles. Peut-être même font-elles obstacle au signalement.
• les jeunes, heurtés par des situations inadmissibles à leurs yeux, les petits-enfants dans les familles, et les stagiaires dans les institutions, sont la source de beaucoup de signalements.

Un dispositif législatif très ciblé s’est mis en place à partir des années 2000 pour lutter contre le phénomène. Mais c’est en 2007 qu’une instruction ministérielle a permis de franchir un pas décisif, avec un dispositif national opérationnel en Février 2008 : un n° à 4 chiffres (3977) est mis à disposition du public sur l’ensemble du territoire national (9 h/17 h du lundi au vendredi), avec une première écoute assurée par l’association francilienne AFBAH, puis transfert sur les centres d’écoute ALMA départementaux pour traitement et suivi des signalements.
Le nombre des appels atteint rapidement un niveau dépassant de loin les prévisions : la plateforme téléphonique AFBAH a enregistré des pics à 1 000 appels/jour pour atteindre à ce jour une stabilisation à 130 appels/jour.
Ces révélations ont créé un choc dans l’opinion, et amené les responsables à renforcer le dispositif. C’est ainsi que par convention, des travaux de concertation ont pu être menés entre la Direction Générale des Affaires Sociales, les associations partenaires (AFBAH et le réseau ALMA France avec ses 5 coordinateurs nationaux), et les institutions régionales et départementales, y compris les maisons départementales de l’handicap, la police, la gendarmerie et les institutions judiciaires.
Pour ce qui concerne la région, l’activité en 2008 à triplé ; les bénévoles ont assuré avec beaucoup de conviction et de fidélité l’augmentation de la charge. La Seine Maritime a dù prendre en charge en plus les signalements des départements de l’Oise et de la Somme pour compenser l’absence de centres d’écoute ALMA. Le travail réalisé en concertation avec la coordinatrice nationale permet aujourd’hui de confirmer l’ouverture de centres dans ces départements dans les semaines à venir. De même des concertations utiles sont actuellement menées avec le Calvados (qui possède déjà un centre) et la Manche.
La nécessité d’une coordination de l’activité était rapidement apparue comme indispensable pour répondre avec efficacité aux nombreuses demandes (gestion, base de données informatisée, formation, sensibilisation, communication). Mais faute de financement suffisant, il a fallu recourir au bénévolat et aux emplois aidés.
Aujourd’hui, conformément aux objectifs formulés par ALMA France, la Haute-Normandie pourrait s’orienter vers une régionalisation de l’activité, en rapprochant les deux centres d’écoute ALMA 27 et ALMA 76. En concertation, et sans nuire à l’identité de chacune des associations, des mises en commun pourraient être confiées à un poste salarié de coordination (évaluation des pratiques, formation interne et externe, gestion informatisée des données, analyse, communication) et prolongeraient des contacts réguliers et cordiaux déjà établis. Les collectivités territoriales de l’Eure et de la Seine Maritime sollicitées pour le co-financement d’un poste pérenne ont fourni une réponse encourageante. Le projet est en cours d’étude.

D’autres perspectives peuvent être évoquées.
- La pratique de mise à disposition de responsables institutionnels (administration, médico-social) pourrait être développée. Elle est déjà pratiquée (un CCAS, un établissement de soin, le service social d’une grande institution de service public). L’échange de culture profite aux deux parties, dans un processus gagnant-gagnant et satisfait les partenaires. Le conventionnement est très cadré et respecte l’éthique des partenaires engagés. Le projet est à approfondir.
- pour lutter contre la parcellisation des signalements qui atterrissent dans de nombreuses institutions, et en vue de mieux analyser, comprendre voire corriger les processus de violence qui émergent avec une intensité que personne ne soupçonnait dans ce segment de la population, les données pourraient être regroupées au sein d’un observatoire départemental ou régional. Les perspectives démographiques et la morbidité liée au vieillissement doivent encourager cette recherche.. Des tentatives existent (Basse Normandie, Nord Pas de Calais, ORS Hte Normandie ). dans lesquelles les ARH sont engagées.
Tels sont rapidement présentés le bilan et les perspectives d’une action rapidement mise en place pour lutter contre un phénomène social de révélation récente, et encore sûrement sous-estimé. D’utiles convergences ont déjà permis de corriger des comportements indignes, mais beaucoup reste encore à faire.
A titre personnel, je tiens à affirmer ma conviction à opérer avec toute l’énergie nécessaire et me tiens à ta disposition pour d’avantage d’informations.
Je te prie de croire, Monsieur le Conseiller Régional et cher ami, en l’assurance de mon amicale et respectueuse considération.

Dr Pierre Delaunay
Président ALMA 76
Secrétaire ALMA France

Ecoute et prévention des maltraitances faites aux personnes âgées et/ou handicapées
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