28 Février 2011
ALMA et ARS : que fait ALMA ?
I ECOUTE, ANALYSE, CONSEIL et SUIVI des APPELS pour MALTRAITANCE
1) Les appels pour maltraitances
Ecoute :
« Un appel pour maltraitance n’est pas une simple réclamation d’usager » :
L’écoutant doit être sélectionné, formé et avoir acquis une expérience préalable
La victime est en souffrance, veut rester anonyme, a honte
Le témoin proche : il parle d’une affaire de famille et a besoin de confidentialité
Le témoin professionnel : tenu au secret ; tenu à parler ; risque de sanctions, de représailles – ne parlera que si sur de la confidentialité
L’auteur : pas forcément malveillant, souvent un proche de la victime : pourquoi porter le débat sur la place publique ?
ALMA = réponse au besoin d’autres receveurs d’appels que les services des plaintes et au besoin d’une méthodologie
En janvier 2011 plus d’appels directs à ALMA que par le 39 77
• ALMA et ARS : Directement ou par le 3977, ALMA offre une écoute compétente (formation et expérience) pour tous ceux qui autrement ne parleraient jamais ni au CG, ni à l’ARS
2) Analyse et Conseil :
Informations complémentaires à obtenir par les réseaux de proximité des référents.
Référents = professionnels, voire experts, pluridisciplinaires et multi -professionnels, libres car bénévoles et anonymes : compétence (affaires trop complexes pour une personne seule quelles que soient ses compétences et motivations).
Analyse et conseils décidés en collégialité (panel de compétences) et en neutralité.
Conseils donnés à l’appelant : il reste acteur et citoyen
Mise en œuvre fonction de l’aval de la victime : elle reste autonome
Intervention directe auprès des services compétents (ARS, CG, Procureur, etc) si nécessaire
• ALMA et ARS : présence de l’ARS aux Comités de Pilotage
ALMA = réponse adaptée à tous les appels où s’exprime une souffrance de la victime et des interrogations du témoin.
ALMA = sas pour les appels parasites
ALMA = recueil de plaintes inexprimées autrement
ALMA = Nombreux cas résolus directement par prise de conscience, information, rappel des bonnes pratiques, mise en relation des intervenants entre eux, etc
ALMA ne remplace aucun service, les soulage tous.
3) Suivi :
contact gardé par ALMA jusqu’à cessation de la maltraitance : évite les « classements sans suite » abusifs.
• ALMA et ARS : ALMA peut informer de façon neutre sur les effets des mesures prises
II. Prévention des maltraitances
1) Formations internes.
Tous les membres d’ALMA : écoutants et référents bénévoles, coordinateurs salariés, bénéficient d’une formation préalable et d’une période de probation où ils assistent à l’écoute, à l’analyse et au conseil sans y prendre part.
2) secteur médico –social :
actions de « sensibilisations » des EHPAD et des SSAD : méthodologie et formateurs ALMA labellisés. Efficacité en cours de démonstration.
3) Hôpital :
sensibilisations prêtes. Travail immense à faire dans les services non gériatriques (pièce jointe : le syndrome de soins inappropriés)
4) Avenant DGCS 2011:
ALMA est missionné pour créer des sensibilisations à la prévention des maltraitances pour les établissements pour handicapés, les assistantes sociales, les familles d’accueil, les tuteurs et curateurs, les aidants familiaux, les cadres de services à domicile, les responsables PA-PH et Bientraitance des CG
5) Diffusion.
ALMA est dans le programme Européen DAPHNE (avec le CDIFF) : tous nos programmes de prévention et de Bonnes Pratiques seront traduits et diffusés dans tous les pays de l’UE par ce programme officiel de l’U E.
• ALMA et ARS : Proposition de formation des responsables maltraitances des ARS par des experts d’ALMA (consultants nationaux) ?
Proposition d’ALMA de diffusion de ses actions de prévention (formations –sensibilisations) vers les différents publics régionaux : EHPAD, SSAD, Hôpitaux, Familles d’accueil, Services Sociaux, Gérants de Tutelle, Etablissements pour handicapés, responsables « PA-PH », aidants familiaux (en accord avec autres associations)
+ en cours :
- Bonnes pratiques de l’écoute, du conseil et du suivi des appels pour maltraitance
- Bonnes pratiques des actions de prévention des maltraitances
III. Développement du Réseau
1) Couverture
ALMA couvre 78 départements (Métropole et Outremer) par 61 centres.
Deux départements sont couverts par des associations alliées (même Ethique et même méthodologie).
Il reste à créer des centres ALMA dans les départements couverts par un centre ALMA d’un département voisin et dans les 20 départements où cette possibilité d’appel est absente. Pour ces créations il est nécessaire de constituer un réseau de bénévoles et de les former ; de trouver une personnalité locale capable e prendre la présidence, et surtout d’obtenir l’appui du CG et de l’ARS.
• ALMA et ARS : chaque fois, l’appui de l’ARS et sa connaissance du terrain peut être un appui déterminant pour créer un centre ALMA.
2) Régionalisation.
La proximité est nécessaire, en particulier pour le travail d’analyse et de conseil. Mais la coopération intra- régionale des centres ALMA est également indispensable à développer : complémentarité des compétences d’experts, formations, couverture horaire de l’écoute, études.
• ALMA et ARS. Une rencontre entre ALMA locaux, ALMA France et ARS serait nécessaire dans chaque région pour adapter et faire connaître le dispositif régional de lutte contre les maltraitances. Cela pourrait aboutir au cours des 24 mois à venir à des Colloques Régionaux à thème chaque fois spécifique, réunissant tous les acteurs publics, associatifs et privés, et le public.
L’intérêt de tels colloques régionaux serait de :
- améliorer le niveau des connaissances
- réunir tous les acteurs avec les publics concernés
- de matérialiser les coopérations
- de faire prendre conscience du problème (prévention)
- de recruter des bénévoles
- d’augmenter le nombre de cas traités (meilleure information)
3) Cas particuliers
Certaine régions ont des carences particulières :
Limousin : absence totale de centre ALMA
Centre : présence ALMA dans un seul département (18) et en cours de création dans un autre (36), un service du CG dans le 37.
Ile de France : présence d’association ALMA dans le 75, d’associations apparentées ALMA dans le 78 et 92, rien ailleurs. Demande de formations du 94.
Corse : Corse du Sud traitée par le 13.
A noter : en cours de création dans les TOM Mayotte et St Pierre Miquelon
Pour des raisons de fuseaux horaires, les centres ALMA des DOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion) ne sont accessibles que par leur N° locaux et pas par le N° national.
• ALMA et ARS. Modalités à prévoir avec les ARS de ces régions (Centre, Ile de France, Limousin)
IV. Développement des connaissances et des pratiques
1) Conseil Scientifique et d’Ethique
ALMA dispose d’une commission d’Ethique qui va s’élargir en un conseil scientifique et Ethique avec des experts extérieurs.
2) Etudes et groupes de travail
ALMA Dispose de groupes de travail sur les thèmes suivant : handicap psychique, handicap mental, handicap auditif, maladie d’Alzheimer, Bonnes Pratiques des sensibilisations et formations, Ethique et Bonnes Pratiques de l’écoute, analyse, conseil et suivi.
• ALMA et ARS Certaines ARS pourraient s’intéresser à parrainer les travaux de certains groupes de travail
3) Bonnes pratiques
Il existe des risques et même des exemples de dangereuses dérives de l’écoute et de la formation dans ces domaines sensibles. ALMA a donc entrepris la préparation d’un guide de bonnes pratiques dans ces domaines, à valider par d’autres organismes ensuite.
V. Difficultés d’ALMA
1) Logiciel :
Inadapté. Le logiciel de recueil des données est celui de l’AFBAH, devenue HABEO. Il y a eu de grandes difficultés d’utilisation. Il doit subir des modifications de façon imminente
2) Recueil régional des données :
il devrait être possible après amélioration du logiciel
3) Financières :
la subvention de la DGCS est de 560 euros par mois pour chaque centre départemental ALMA traitant à la fois les maltraitances envers les aînés et envers les personnes en situation de handicap. Cela rend les centres dépendants de l’intérêt des pouvoirs locaux pour leur fonctionnement. La participation des centres à des projets locaux peut aussi être aidée.
• ALMA et ARS : la participation des centres ALMA locaux à des projets, comme en cours avec la Wallonie sur un projet transfrontalier peut apporter des soutiens
4) Bénévolat :
En fait le principal besoin est d’assurer le renouvellement progressif et l’élargissement des équipes de bénévoles. Ce renouvellement est en grande part fonction des actions de communication. ALMA participe dans ce but à l’année européenne du bénévolat.
5) Coordination :
La présence d’une coordinatrice salariée – au besoin à temps partiel- s’avère nécessaire au bon fonctionnement de chaque centre : tâches administratives, saisie des données, coordination des réunions de travail, des actions de formation, etc. Les finances des centres locaux ne permettent ce financement que dans une minorité de départements. A défaut une coordinatrice régionale pourrait y suppléer et remplir ces tâches au niveau régional, en bénéficiant d’un financement adapté.
• ALMA et ARS :
L’appui de l’ARS à la coordination régionale des centres d’écoute, conseil et suivi des maltraitances faciliterait grandement leur fonctionnement et serait une reconnaissance.
Robert Moulias Pierre Delaunay
Président d’ALMA France Secrétaire Général d’ALMA France
dimanche 3 avril 2011
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